STOP aux manipulations dans la rupture amoureuse

J’observe de plus en plus régulièrement des problèmes relationnels qui sont induits par un manque de visibilité sur les mécanismes de responsabilité, de culpabilité et de victimisation. Nombreux sont les manipulateurs qui utilisent ce brouillard de compréhension de ces notions, pour entrer dans la brèche et rejeter leurs souffrances sur le compte de leur entourage. Ainsi, ils font littéralement la misère aux gens qu’ils aiment, en tentant par tous les moyens d’influencer le comportement de leurs proches sans tenir compte de leurs besoins, car  obtenir ce qu’ils veulent est leur unique priorité. 

Dans cet article, mon intention est de donner de la matière  à ces proches en difficultés, pour faire face à ces manipulateurs, et sortir de la duperie dans laquelle ils tentent de vous enfermer, non sans une certaine habileté. Comprenez aussi qu’en jouant leur jeu, vous alimentez leurs illusions, et ne leur permettez pas de faire l’expérience d’une autonomie et indépendance affective qu’ils méritent, tout comme vous. 

Dans le chao émotionnel, celui qui subit la rupture contre son grée perd pied. Il perd tellement pied que le bon sens se perd dans le labyrinthe des émotions pour basculer dans le « côté obscur de la force », avec son lot de victimisation. 

Mais pour que le deuil de cette expérience puisse se faire, il y a un cadre dont il faut rappeler l’existence. Sans cela, le processus peut s’étaler dans le temps, et faire perdurer une souffrance qui même si elle est naturelle, n’a d’intérêt que si on accepte d’effectuer un travail d’introspection pour la décoder, et la guérir (avec ou sans l’aide d’un thérapeute).   

Le libre-arbitre lors de la formation du couple

Lorsque deux personnes décident de se mettre en couple, elles le font d’un commun accord. Deux volontés communes qui interagissent dans un espace commun qu’elles veulent créer ensemble, ce qui génère ainsi la création d’une entité à part entière : le couple.  C’est donc une décision commune, réciproque, qui génère une implication, un engagement commun et réciproque. 

Et chacun est libre de cette prise de décision. Il s’agit du libre-arbitre dont chacun des partenaires dispose.  Le libre-arbitre se défini comme la faculté de l’être humain à faire des choix en dehors de tout déterminisme extérieur à sa volonté.

Pas conséquent, cette décision qui est prise d’un commun accord induit un mécanisme de responsabilité. C’est à dire que les deux partenaires engagent 100% de leur responsabilité pour former ensemble un couple. 

Concrètement, cela signifie que lorsque je prends la décision de former un couple avec toi, cela signifie que je suis 100% responsable de ma décision. Je te choisi pour créer un couple, je prends la décision de m’impliquer, de m’engager, et cette décision, je la prends à 100% pour les raisons qui sont les miennes. 
Et il en est de même pour toi. Ce n’est pas moi qui ai un contrôle ou un pouvoir d’action sur ta décision de te mettre en couple avec moi. Et ça, c’est une notion très importante qu’il est indispensable de garder à l’esprit pour comprendre la suite de cet article. 

Je n’ai donc aucune part de responsabilité à propos de ce que décide ou ressent l’autre

Le libre-arbitre lors de la dissolution du couple

Ainsi, lorsque l’un des partenaires prend la décision de modifier son engagement, son implication, et prend la décision de mettre un terme à l’existence de l’entité du couple, il est 100% responsable de sa décision également. Et il doit pouvoir l’exprimer en toute liberté. Cela signifie que le partenaire est libre de s’engager, tout comme il est libre de se désengager. A nouveau, son libre-arbitre se manifeste. Et chaque partenaire en a le droit. 

Ainsi, tout comme lors de la formation du couple, sa décision lui incombe à 100% et ce pour les raisons qui sont les siennes.  Donc, la décision de changer la forme de la relation et de se séparer du partenaire pour ne plus former un couple, lui appartient à 100% aussi. 

Concrètement, cela signifie que lorsque je prends la décision de ne plus former un couple avec toi, cela signifie que je suis 100% responsable de ma décision. Je prends la décision de ne plus m’impliquer, de sortir de cet engagement, et cette décision, je la prends à 100% pour les raisons qui sont les miennes. 
Et il en est de même pour toi. Ce n’est pas moi qui ai un contrôle ou un pouvoir d’action sur ta décision de ne plus vouloir former un couple avec moi.

Le partenaire qui prend la décision de se désengager est responsable, mais il n’est pas coupable pour autant, et ainsi, l’autre n’est pas victime. Il faut bien distinguer ces trois notions. (vous pouvez lire également l’article « Responsable ne signifie pas coupable« )

Lors de la formation du couple, tout est beau, tout est rose. C’est facile d’ignorer les notions de responsabilité et du libre-arbitre à cette étape de formation du couple. On est à mille lieux d’y poser ce niveau de conscience, bousculé par les hormones. Pourtant, si l’autre nous choisi pour former un couple, certes il y a attraction, valeurs et intérêts communs. Mais dans le processus, le couple se forme toujours parce que se rejoignent deux décisions, deux volontés distinctes, autonomes et parfaitement indépendantes

Lors de la rupture et de la tornade émotionnelle que génère la souffrance, le partenaire délaissé perd de vue cet état de fait. Mais pourtant, le mécanisme ne change pas. Dans un sens de création, comme dans celui de la dissolution, chaque partenaire est libre de s’engager, et chaque partenaire est libre de changer sa décision, et donc de se désengager.

Cela peut être difficile à entendre parce que lors de la formation du couple, il y a deux volontés. Lors de la séparation, les deux partenaires peuvent s’entendre pour mettre un terme à la formation du couple. Ou bien, la décision peut aussi être prise que par un seul des partenaires. Pourtant, le mécanisme d’expression de volontés distinctes, autonomes et parfaitement indépendante n’a pas subit de transformation durant toute la durée de vie et de formation du couple.  Ce n’est pas parce que je me suis investi dans un couple pendant un certain temps, que mon libre-arbitre disparait. Je ne fais pas don de mon libre-arbitre, je ne perds jamais ma faculté de libre-arbitre, et en aucun cas la relation est un espace de renonciation de cette faculté. Mon libre-arbitre m’appartient à vie.

Par conséquent, si l’un des partenaires décide de mettre un terme à la relation, il n’y a ni coupable, ni victime. Aussi douloureux la rupture soit-elle, si le partenaire délaissé refuse à l’autre partenaire la liberté de changer de décision, si il lui refuse la liberté de se désengager du couple et de partir, celui qui s’auto-proclame victime ne devient ni plus ni moins qu’un tyran-dictateur qui tente d’inhiber le libre arbitre du partenaire qui veut partir. Il convient de rappeler que si toute situation génère des obligations et des responsabilités, elles ne peuvent pas exister sans droits. Lorsqu’on cherche à réduire, éteindre ou limiter les droits d’une personne, on bascule dans une dictature.   

En rejetant sur autrui la responsabilité de notre souffrance, il y a manipulation avec une volonté caché ou affiché d’influencer le comportement de l’autre. Or ceci est inacceptable.  

4 clés essentielles à garder à l’esprit

1) Détachez-vous affectivement

Se détacher ne signifie pas que vous êtes indifférent, ou insensible. Vous avez aimé cette personne de tout votre coeur. Et c’est une mémoire qui restera à vie en vous. Mais attention de ne pas basculer dans le sentiment de culpabilité. Vous pouvez ressentir de l’empathie pour l’autre, de la compassion pour l’épreuve qu’elle traverse. Tout en restant détaché car vous avez bien intégré que vous n’êtes pas responsable de ce que ressent l’autre. 

2) Acceptez votre responsabilité

Vous ne souhaitez pas poursuivre cette relation ? Vous en avez tous les droits ! Rien ni personne ne vous oblige à rester en couple contre votre grée. Si l’autre vous impose de restez en couple, fuyez. Il s’agit là une manifestation d’un comportement tyrannique et d’un manque total de respect de votre décision et de votre libre-arbitre. 

Assumer votre décision ne fait pas de vous une personne coupable. Vous n’avez pas l’intention de faire souffrir votre ancien partenaire.  Du moment que votre comportement reste courtois, digne, et bienveillant, vous n’avez rien à vous reprocher. 

Ne vous sentez pas coupable de décider de mettre un terme à la relation. Gardez à l’esprit que si l’autre souffre, cette souffrance lui appartient à 100%. Si la personne décide de souffrir, c’est sa décision, son choix. D’autant qu’il existe des thérapies très efficaces pour passer le cap si la souffrance est trop intense, et si votre ancien partenaire ne veut pas y avoir recours, c’est sa décision. Vous n’est pas responsable de la décision des autres.   

Acceptez le fait que vous n’avez aucun pouvoir d’action sur ce que ressent l’autre. Ce n’est pas vous qui pouvez supprimer la douleur et la souffrance que ressent votre ancien partenaire. C’est à cette personne de se prendre en charge, car personne d’autre qu’elle-même ne peut le faire à sa place. 

3) Rendez-lui son autonomie

En validant sa position de victime, en acceptant que c’est de votre faute si votre ancien partenaire souffre, vous le maintenez dans un état de dépendance affective. En vous détachant affectivement (peut-être même en coupant les ponts), vous contribuez à son processus de deuil et contribuez indirectement à ce qu’il retrouve son autonomie affective. Votre ancien partenaire a toutes les ressources en lui pour faire face, et se reconstruire. Et il ne pourra pas en faire l’expérience tant que vous validez sa position de victime. 

4) Communiquez avec bienveillance mais fermeté

Si vous gardez le contact, soyez empathique, et bienveillant. Mais évitez la sympathie. 

Tant que votre ancien partenaire souffre, et cherche à vous rendre responsable de sa souffrance, communiquer sera difficile. Car l’ancien partenaire cherchera par tous les moyens les signes qui lui permettent de croire que la flamme pourra être rallumée. Il vous faudra faire attention à vos regards, vos paroles, vos gestes. Eviter les ambigüités. Car tout sera décortiqué, interprété et déformé. 

En gardant le contact, c’est comme si ouvriez la plaie et empêchez le processus de cicatrisation. Le contact ravive les souvenirs, la mémoire. Un deuil prend du temps. Pour que le deuil se fasse, il faut laisser du temps et de l’espace. Plusieurs mois, voir plusieurs années selon l’intensité avec laquelle l’ancien partenaire se victimise. 

L’idéal sera de mettre de la distance physique. Et selon les cas, vous n’aurait pas d’autre choix que de couper les ponts. 

Cet article fait mention de la relation amoureuse. Mais cela vaut pour toute relation en général, qu’elle soit familiale, amicale, ou professionnelle. N’hésitez pas à consulter un thérapeute pour passer le cap, faire le point sur vos ressentis. Les séances de sophrologie seront efficaces pour vous aider à prendre du recul, apprendre à gérer l’anxiété que l’on peut ressentir dans ces situations. Selon les cas, elle pourra être complémentaire avec l’accompagnement d’un psychologue.

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